Revue de presse/Actualité

La précarité au féminin...

La précarité au féminin...

Lundi 08.03.2010

Cinq millions ! de femmes vivent sous le seuil de pauvreté. Une réalité statistique inquiétante.

Tous les jours, Christiane va boire son café à l’hypermarché d’Abbeville. En arrivant, elle demande un verre d’eau chaude et le remplit de sa dosette de café instantané. Elle ne se paie pas son petit noir au comptoir : trop cher. Son budget, calculé au centime d’euro près, s’élève à 361 euros par mois de RMI, après avoir travaillé pendant vingt ans au café-restaurant de son mari. Quand celui-ci l’a quittée, elle s’est retrouvée avec un établissement en liquidation judiciaire. Hébergée par le “Casaa”, une association qui s’occupe des sans-abri, elle va bientôt déménager dans une HLM. En ces journées de janvier où la neige tapisse les plaines de la baie de Somme, Christiane n’allume pas son chauffage électrique, de peur de faire exploser son budget.

Des histoires comme celle de Christiane, Marie-Lise Miquel, animatrice de la délégation du Secours Catholique d’Abbeville, peut en raconter beaucoup. Les femmes en situation de très grande précarité représentent un pourcentage important des personnes accompagnées par le Secours Catholique. « Elles ne sont pas plus nombreuses que les hommes, mais elles ont souvent la charge des enfants, et un “fiancé” en forme de courant d’air », explique Marie-Lise. Contrairement à un cliché tenace, les femmes en très grande précarité ne sont pas toutes des “clochardes” marginalisées. La plupart des Françaises qui vivent avec moins de 600 euros par mois ont un logement souvent indécent, un travail à temps partiel et sous-payé, une famille à nourrir seule. C’est ce que révèle Femmes en galère, un livre paru en janvier aux éditions La Martinière.

Victimes privilégiées de la précarité, les femmes sont aussi en première ligne pour la combattre. « Elles prennent en charge l’essentiel des démarches auprès de l’école, du bailleur, des services sociaux, des associations… », relate Véronique Mougin. Mais surtout, elles cumulent plusieurs types de discriminations. À commencer par les violences conjugales : « Une grande majorité des femmes confrontées à l’exclusion ont quitté un conjoint violent », explique Véra Albaret, directrice d’un centre d’accueil de jour parisien pour les femmes, “l’Espace solidarité”. À la peur des représailles s’ajoute donc l’angoisse de ne pas pouvoir financer les dépenses domestiques. Véra Albaret se félicite que « cette question relève désormais de l’humanitaire et que les acteurs sociaux s’en préoccupent ». Aujourd'hui à l'occasion de la célébration du 8 mars, il serait bon de prendre conscience que la lutte pour les droits de la femme et celle contre la pauvreté, malheureusement, font souvent bon ménage.

vu sur : http://pdf95.over-blog.com/