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Des comptes de campagne… en règlement de compte !


Rédigé le Lundi 18 Juin 2018 à 07:17 | 0 commentaire(s)

Extrait de l'Édition du 18 juin 2018
Réinfo, journal d'information bimensuel du Parti de la France


Petit cours de droit électoral. L’article L52-8 du code électoral stipule que, je cite, « Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués ». Mais, ça c’est pour les simples mortels comme les candidats du Parti de la France.
Jupiter, plus connu sous le nom de l’Illuminé du Touquet, est semble-t-il, au-dessus des lois de la République dont il est le Président.
 
Une enquête approfondie le prouve : des entreprises ont cassé leurs prix pour se mettre au service d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Des salles de spectacles pour les meetings, avec des remises atteignant 85 %, accompagnées de remises de 100 % pour le matériel comme des rétroprojecteurs…
Des remises désintéressées ? Pas sûr.
Par exemple, la salle Bobinoet le Théâtre Antoine,obtenus avec des réductions de 75 %, ont le même propriétaire, un certain Jean-Marc Dumontet… associé d’ailleurs à Laurent Ruquier. Après l’élection d’Emmanuel Macron, ce même Jean-Marc Dumontet se serait bien vu… ministre de la Culture. Ces derniers jours encore, certains le voyaient remplacer Françoise Nyssen.
Tout n’est donc pas perdu, courage et patience Jean-Marc !
La société Eurydice fut également un partenaire assidu de la campagne d'Emmanuel Macron. Et généreuse avec des remises exceptionnelles allant de 30 à 100 %. Une société qui a pour directeur commercial Arnaud Jolens. « Avait » devrais-je plutôt dire, puisqu’il a été embauché à l’Élysée après l’élection présidentielle…
Même si on ne connaît pas encore le retour d’ascenseur, d’autres gérants de salle ont été sensibles au charme du petit Manu. Située dans le nord-est de Paris, la Bellevilloisea été réservée par plusieurs candidats. Benoît Hamon a dû régler la somme de 4 900 €. Tarif pour l’Illuminé : 1 200 euros.
À la Maison de la Mutualité à Paris, GL Events, le gestionnaire de la salle a accordé à l’équipe de Macron une remise globale de l’ordre de 26 % sur le total de la facture. Ni François Fillon le 14 janvier 2017, ni Benoît Hamon le 5 février 2017 n’ont obtenu les mêmes niveaux de remise. Au final, pour une occupation comparable de la Mutualité, LR a payé 37 000 euros de plus que l’équipe Macron.
 
Tout ceci ne semble pas avoir choqué outre mesure la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Elle a été plus suspicieuse à l’égard du camarade Mélenchon.Alors que les comptes de campagne du candidat de La France insoumiseont été approuvés par la CNCCFP, le parquet de Paris a ouvert une enquête après un signalement… de la même Commission, qui a émis l’hypothèse d'« infractions fiscales de la part de certaines associations » ayant travaillé pour la campagne de l'Insoumis, mais aussi de « possibles conflits d’intérêts » voire d'« escroquerie ». Pourtant, fin 2017, le contrôleur des comptes du candidat de gauche avait démissionné avec fracas, arguant que la Commission lui avait demandé de ne pas épingler certaines irrégularités.
Deux poids, deux mesures ? C’est bien sûr l’avis de tous les candidats malheureux. Certains avancent l’idée d’une remise à plat des comptes et d'un réexamen de tous les comptes. Refus catégorique du Président de la CCFP François Logerot. Les comptes de tous les candidats ayant été approuvés par l’instance, « la commission n’a pas les moyens juridiques de rouvrir le dossier » pour un éventuel réexamen des comptes. « Rien ne peut remettre en cause nos décisions, sauf si le parquet établit des faits relevant du pénal, non prescrits », a martelé François Logerot, le Président de la CCFP, qui a écarté la possibilité de faire un signalement à la justice, comme il l'a fait pour les comptes de Mélenchon.
 
Dernier rebondissement, qui ne va pas rassurer ni les candidats ni la CCFP, l’association Anticor, demande à la justice d'ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur des soupçons d'irrégularité dans les dépenses de quatre candidats durant la campagne présidentielle de 2017 : il s'agit de Macron, Mélenchon, Le Pen et Hamon.
L'association demande de vérifier la « responsabilité » des membres de la Commission nationale des comptes de campagne, pour savoir s’ils ont été complices des délits commis, en validant les comptes des candidats.
Pour Macron et Hamon, Anticor leur reproche « d'avoir profité de ristournes, remises, rabais, venant minorer leurs dépenses de campagne », en violation du principe d'égalité entre les candidats que sanctionne le code électoral.
Concernant le leader de la France Insoumise et la présidente du RN (ex-FN), l'association les accuse d'avoir « tenté de détourner de l'argent public au moyen de remboursements par l'État de frais de campagne qui n'avaient d'autre but que de servir leur intérêt ou l'intérêt de leurs proches », selon la plainte… L’association a réussi à prouver que « parmi les 29 plus gros prestataires[de la campagne de Marine Le Pen], ce sont principalement des sociétés appartenant à des cadres du Front National ou à leur famille ». C’est sans doute pour cela, entr’autre, que le slogan des années 90, « tête haute et mains propres » n’a plus cours au Rassemblement National…
 
Ah oui, juste une dernière info au passage. Un décret du 30 mai vient de revaloriser les émoluments du président de la fameuse Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, M. François Logerot. Oh pas grand-chose ! Juste de… 57 %. Ils passent ainsi de 4 574 euros par mois à 7 182 euros nets mensuels, et à quoi s’ajoutera désormais une indemnité annuelle de 9 500 euros bruts. Le tout avec effet rétroactif au 1er janvier. Mais entendons-nous nous bien, il n’y a aucun, mais alors aucun rapport avec ce qui a été dit avant.
Toute autre attitude relèverait du complotisme paranoïaque et de la fake-news.



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