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Islamisme dans les services publics : le noyautage.



CONNEXION. La lettre argumentaire PDF, rédigée par Jean-François Touzé et Franck Timmermans.


Le rapport parlementaire que viennent de publier les députés Éric Diard (LR) et Éric Pouillat (LREM) sur la « radicalisation » dans les services publics en dit déjà beaucoup par ce qui n’y figure pas : le mot « islamisme » n'est en effet pas une seule fois évoqué dans les quelque trois cents pages de ce dossier établi au terme d’une enquête de huit mois. Cacher ce mot effrayant qu’aucun honnête parlementaire républicain ne saurait prononcer sans trembler semble avoir été la préoccupation constante des auteurs.
Pour autant, si le mot n'y est pas, la chose est partout. Certains commentateurs ont voulu minimiser la réalité de ce que confirme ce rapport, y voyant des chiffres « rassurants ». La présence communautaire musulmane radicale, de nature fondamentaliste, essentiellement salafiste, au sein des services publics et même des services publics régaliens apparaît pourtant tout entière dans sa vérité redoutable.
En réalité les auteurs jouent sur les mots : le terme « radicalisation » étant juridiquement défini et ne concernant que les personnes en voie de commettre des actes de violences ou considérant que la violence contre l'État ou les personnes ne partageant pas les mêmes convictions est légitime, les chiffres retenus peuvent paraître faibles, quand ceux de l’appartenance à des courants religieux musulmans extrêmes – et donc politiques – ne sont pas pris en compte. Ce qui permet au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, de se féliciter : « la radicalisation dans les services publics est extrêmement circonscrite ». « Extrêmement »… le diable est aussi dans le détail sémantique.
En prenant seulement en compte la définition stricte et administrativement contrainte du terme radicalisation, les auteurs dressent pourtant un constat déjà accablant de la situation : RATP, SNCF, sociétés de transports par bus ou par cars sont impactés au plus haut point (plus d'une centaine de postulants à la RATP ont été refusés en 2018 par le Service de sécurité interne pour radicalité mais des centaines d'autres moins visibles sont passés entre les mailles du filet). Les professions de santé, dans les services hospitaliers en particulier, sont de plus en plus touchées. Si les services de police nationale font l’objet de contrôles appuyés (on relève néanmoins une trentaine de cas d'islamisme radical au sein de la police et de la gendarmerie) il n'en va pas de même pour les polices municipales où le recrutement est de plus en plus marqué par le phénomène islamiste. De même pour les sociétés de sécurité et de gardiennage.
Si l’Armée est relativement peu concernée par la radicalisation (0,5 % des effectifs de l’armée de terre et 0,3 % de ceux de la Marine sont tout de même concernés), elle l'est en revanche de plus en plus par le communautarisme.
 
La situation est particulièrement inquiétante dans deux secteurs. Les aéroports et les prisons.
C'est ainsi qu'une centaine de personnes détentrices d'un badge rouge donnant accès aux tarmacs et aux zones sécurisées sont aujourd’hui sous surveillance au sein d’Aéroport de Paris en raison de l’évolution de leur dangerosité potentielle dans le cadre, là encore, de la seule prise en compte de leur radicalisation juridiquement définie. Si l'on élargit à la pratique rigoriste de l’islam, ils sont plusieurs milliers qui, eux ne sont pas surveillés.
Quant aux prisons dont personne n'ignore le terreau qu’elles constituent au niveau des prisonniers dans la diffusion et l’expansion de l’islamisme militant, le rapport fait état d'une extension, par capillarité, aux surveillants. Une évolution en hausse constante.
Le rapport pointe également une montée en puissance des cas de radicalisation dans l’éducation nationale, particulièrement dans le domaine du soutien scolaire, et la propagation exponentielle du salafisme par le biais des écoles et instituts coraniques.
Le rapport souligne, enfin, la forte imprégnation islamique dans le monde du sport, au niveau des fédérations comme des associations, phénomène qui touche essentiellement l'encadrement et l'entraînement, plus particulièrement dans le football et plus encore les sports de combat. Situation si inquiétante que le rapport parle d’infiltration.
Face à ces menaces, l’exécutif demeure passif et se contente de gérer, au cas par cas, ce qui peut l’être, sans plan d’ensemble ni stratégie globale.
Dans un État digne de ce nom, les suspects ne seraient pas surveillés. Ils seraient purement et simplement limogés et interdits de fonction.
Mais il est vrai que dans un État digne de ce nom, aucun de ceux-là ne serait en liberté sur le sol national. Pas plus que d'autres ne seraient en position de faire de certains de nos quartiers des zones de sécessions régies par la charia ou de nos cités des camps retranchés commandés par des caïds et infestés par la racaille.
Seul un État national sera en mesure de faire face.