La France est désormais un nain économique, grâce à l'UE



Extrait de l'Édition du 12 mars 2018
Réinfo, journal d'information bimensuel du Parti de la France


La France est devenue un nain économique et l’Europe de Bruxelles ne sert à rien. Les déboires lamentables de Dassault Industries en Égypte, lors de la tentative de ventes complémentaires de douze avions de combat Rafale à l’armée du Maréchal Sissi, l’illustre d’une façon si pathétique, qu’elle en devient risible…

Le contrat n’aboutit pas, non pas en raison d’un différend commercial, du prix ou même des caractéristiques techniques des appareils, mais tout simplement en raison d’un véto américain… Et oui, la France se trouve actuellement dans l'impossibilité de livrer des missiles de croisière Scalp, équipant les Rafales, aux Égyptiens en raison d'un composant...américain. Washington applique tout simplement la réglementation ITAR, pour International Traffic in Arms Regulations.

Le composant en question est une petite puce électronique « made in USA » présente dans les missiles de croisière Scalp, eux-mêmes fabriqués par l'entreprise européenne MBDA, filiale commune d'Airbus, de BAE Systems et de Leonardo.

 

Cette affaire est une nouvelle illustration de l’extraterritorialité des lois américaines qui ont déjà fait ployer quelques-uns des plus grands groupes européens. Souci, le nouveau locataire de la Maison-Blanche semble plus difficile encore à amadouer que son prédécesseur, Barack Obama. La politique juridique extérieure américaine se fait plus menaçante. Certains observateurs y voient l’incarnation d’un des piliers de la guerre économique, dont Donald Trump ne fait aucun mystère. La norme Itar n’est en rien utilisée ici pour prévenir ou sanctionner une quelconque fraude, mais pour protéger un intérêt économique américain. Le caractère légal de l’opération est parfaitement respecté. On ne peut blâmer Donald Trump, il applique son slogan de campagne « America First ». Lui est dans son rôle.

Ceux qui sont à blâmer, ce sont les Français et les Européens qui ne savent plus protéger leurs technologies. Mises au point en Europe, elles sont rachetées très vite par des firmes américaines qui font des ponts d’or aux ingénieurs fatigués de la paperasse, du manque de moyens et des normes administratives délirantes.

 

Alors pour en sortir, soit MBDA change les composants incriminés au profit de produits 100 % européens, soit un accord est trouvé entre les autorités françaises et américaines, comme ce fut le cas pour la vente de deux satellites aux Émirats Arabes Unis, en 2014. François Hollande, l'ancien président français, avait dû aller rencontrer son homologue pour débloquer la crise.

La prochaine visite d’Emmanuel Macron aux États-Unis, en avril prochain, pourrait donc voir ce dossier ajouté à l’ordre du jour.

Quoi qu’il en soit, il faudra courber l’échine.

Sauf à produire français ou européen, il n’y a aucune parade.

Les États-Unis se reconnaissent simplement le droit de contrôle de toutes les opérations dans lesquelles il y a un élément de rattachement à leur droit, aussi infime soit-il – pour ne pas dire discutable – que l’utilisation de leur monnaie ou d’un trombone « made in USA ».

Le terrain judiciaire n’a jamais été exploré, par crainte pour les groupes visés, de se voir boycotter en plus d’être déjà sanctionnés financièrement.

Leur pusillanimité se comprend quand on examine les maigres chances de succès d’une action, devant la Cour suprême des États-Unis.

 

Quand la menace ne vient pas des USA, elle vient de Chine. L’Allemagne se réveille avec une gueule de bois magistrale : son fleuron automobile, Mercedes, est désormais contrôlé par Geely, le consortium d’un milliardaire chinois, Li Shufu.

Il a 54 ans. Il est fils de riziculteur. Il a commencé dans la vie en parcourant la campagne à vélo en faisant des photos de mariage. Et voilà qu’il mise plus de 7 milliards d’euros dans le fleuron de l’industrie allemande. Il sera d’ailleurs reçu cette semaine à la chancellerie à Berlin. Geely, cela veut dire chance en mandarin. Et ça marche visiblement, puisque le consortium a déjà racheté Volvo en 2010. Et il l’a d’ailleurs très bien redressé. Geely possède aussi 49,9 % de Proton, 50 % de Lotus et 50 % de Terrafugia. Le constructeur est aussi devenu en décembre dernier, le premier actionnaire de Volvo AB, le deuxième producteur mondial de camions.

Mais avec Daimler, Geely, change de catégorie. L’objectif de ce rapprochement germano-chinois, c’est la révolution automobile qui arrive, celle de l’électrique et de la voiture autonome… tellement vantée par Bruxelles.

Officiellement, la maison mère de Mercedes voit l’arrivée de ce nouvel actionnaire d’un bon œil. Mais c’est aussi le signe que le centre de gravité de l’industrie automobile mondiale est en train de basculer vers la Chine. À une vitesse impressionnante, comme la croissance de Geely, désormais numéro un chinois.

 

Geely est donc maintenant le premier actionnaire du groupe allemand à hauteur de 9,69 % devant le fonds public koweïti qui détient 6,8 % et l’Allliance Renault-Nissan détenteur de 3,1 %.

Et c’est pour ce dernier que cela se complique : il y a entre les deux constructeurs des partages de technologies, de moteurs et de plate-forme. Au point qu'il y a quelques années, Carlos Goshn voyait Mercedes comme un nouveau pied potentiel pour l'alliance qu'il préside. Tout cela va être remis en question. Car Renault Nissan a un allié en Chine, mais ce n'est pas… Geely. Le rapprochement annoncé ce week-end va lui compliquer la vie sur le plus grand marché du monde.

Tout en affirmant que l'Allemagne reste « une économie ouverte à l'investissement étranger », la ministre allemande sur le départ a également plaidé dans le journal Handelsblatt pour que cette ouverture ne soit pas, je cite : « une porte d'entrée pour servir la politique industrielle d'autres États ». Le journal a affirmé la semaine dernière que Berlin était à la manœuvre pour tenter de bloquer l'achat par le conglomérat d'État chinois SGCC, de 20 % de l'opérateur électrique régional allemand 50Hertz.

La chancelière Angela Merkel a également mis en garde la semaine dernière contre les appétits de Pékin après l'annonce du projet chinois de « Nouvelles routes de la soie », un colossal plan d'investissements dans les infrastructures, routes et autoroutes européennes. Elle avait souligné, je cite : « Dans les relations avec la Chine, c'est très important que l'ouverture ne vienne pas que d'une partie mais de toutes les parties ».

Voilà qui n'est pas facile quand on a construit de ses propres mains un cheval de Troie si utile pour ses ennemis. Un petit cheval de bois qui se nomme l’Union européenne…



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