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Laurent Gbagbo acquitté par la CPI. Et donc Président légitime…



Extrait de l'Édition du 18 février 2019
Réinfo, journal d'information bimensuel du Parti de la France


Les présidents Chirac et Sarkozy ont commis en Afrique deux crimes que la France paie très cher : l’assassinat de Kadhafi, en Libye, et le coup d’État contre le président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire.
Les deux affaires sont remarquablement similaires.
Pour résumer, dans les deux cas, un président français en exercice a sciemment utilisé la force militaire française contre un pouvoir légitime d’un état tiers, pour imposer un régime plus favorable à des intérêts privés et, semblerait-il, également pour élimer des preuves de financements occultes de campagnes électorales françaises.
Et ce sont les populations tant françaises que libyennes ou ivoiriennes qui en paient le prix humain, financier, sécuritaire et démocratique. C’est le cadre général, tant en Libye qu’en Côte d’Ivoire.
 
Sur le cas libyen, nous avons régulièrement, sur ce même plateau, détaillé les conséquences migratoires catastrophiques pour l’Europe et la France depuis que le verrou libyen a été brisé. Nicolas Sarkozy devra en répondre devant la justice, pour l’instant, du seul volet financier qui a conduit à l’assassinat du leader libyen, avec la complicité des services secrets français, mais il devra également rendre compte tôt ou tard, avec le fauteur de guerre BHL, des conséquences mortifères pour le peuple libyen et pour l’Europe. Ces deux hommes ont du sang sur les mains et quelle que soit leur caste, ils devront rendre des comptes.
 
Le cas de Laurent Gbabgo est lui aussi exemplaire. Il est socialiste. Mais il est surtout francophile, historien, écrivain, catholique, patriote et n’appartient à aucune loge franc-maçonne. Ce qu’il désire plus que tout c’est que la Côte d’Ivoire se libère de la « françafric » que nous avons dénoncée dans notre dernière édition. Il veut aller, comme il le dit lui-même, au-delà des discours, je cite : « Pour l’instant, il n’y a que des discours. Tant que les piliers seront debout : la présence de l’armée française, le franc CFA et le choix des présidents, la souveraineté des pays d’Afrique ne sera qu’un leurre et la Françafrique, la réalité. C’est un anachronisme, un scandale tellement énorme, cette dépendance… », fin de citation.
Il va vite devenir l’homme à abattre. D’autant qu’il n’est pas prompt à accepter les exigences de Villepin ou de Chirac qui attendaient, selon ses propos, des valises de billets… et pas des valises de francs CFA…
 
Longtemps opposant à Félix Houphouët-Boigny, emprisonné pour cela par le premier ministre de l’époque – un certain Ouattara qui est désormais l’actuel président – il est élu à la présidence de la République de Côte d'Ivoire en 2000, face à Robert Guéï.
Dès lors, la France n’aura de cesse de lui faire quitter le pouvoir, de grè ou de force.
Dès 2002, il doit faire face à une tentative de coup d’État, par des éléments armés par le Burkina Fasso. Non seulement la France ne le prévient pas de l’attaque – comme Laurent Gbagbo le dira plus tard « Bien sûr qu’ils ne m’ont pas prévenu. Puisqu’ils étaient dans le coup. » – mais Michèle-Alliot Marie, alors Ministre de la défense de Chirac, refuse de faire jouer les accords de défense, pourtant imposés à l’indépendance, en 1960, par Paris. « C’est une affaire ivoiro-ivoirienne » dira-t-elle.
Henri Emmanuelli, ancien président PS de l’Assemblée Nationale, expliquera cette trahison par cette sentence, je cite : « Laurent Gbagbo a eu depuis le début un souci, faire de la Côte d’ivoire un pays indépendant. C’est cela qui ne lui a pas été pardonné ».
 
Pour Laurent Gbagbo, ce coup d’état est la conséquence directe d’une loi sur l’assurance-maladie qu’il a fait voter. Une loi destinée à mettre en place deux caisses – une pour les paysans, une pour tous les autres travailleurs, financées par les bénéfices du cacao, du café, de l’hévéa, mais aussi des mines de diamants et d’or. Les compagnies de la « françafric » y voient une menace trop grande pour leurs marges : le coup d’État est donc lancé…
La moitié nord du pays sera, depuis cette date, sous la domination de bandes de pillards et de rebelles. L’immigration de dizaines de milliers d’étrangers et la distribution de carte d’électeurs visent à fausser le vote des Ivoiriens et à faire main-basse sur le sud, eldorado agricole et minier de l’Afrique. 30 % de la population ivoirienne, est, selon les dernières estimations, d’origine étrangère. En 2010, lors de l’élection présidentielle, à Bouaké, fief de la rébellion et de Ouattara, on relèvera 250 000 votes exprimés pour 150 000 électeurs inscrits.
 
Mais les évènements ne vont pas assez vite. Pire, le régime légal de Laurent Gbagbo tient bon et avance vers la modernité : décentralisation, création de conseils généraux qui s’attellent à la construction de lycées, dispensaires, routes… Les succès du Sud, sous le contrôle du pouvoir légal d’Abidjan, font rêver les Ivoiriens de la partie nord, qui subissent les pillages et l’arbitraire des rebelles qui soutiennent Ouattara. Laurent Gbagbo est de plus en plus populaire.
Si Laurent Gbagbo n’est pas dupe – il confiera depuis sa cellule à La Haye je cite : « Pour anticiper les coupes d’état, il me suffisait de suivre les cours du cacao » – il fait preuve de retenue, accepte de discuter, même avec les rebelles et malgré le double-jeu du Gouvernement français. L’ONUCI, l’Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, saluera même le professionnalisme des opérations militaires de l’armée ivoirienne, qui ne provoquent aucun dégât collatéral, ni victimes innocentes. Il faut donc trouver un prétexte…
 
La première tentative majeure, date du 6 novembre 2004, deux Soukhoï de l'armée ivoirienne pilotés par des mercenaires biélorusses bombarde la zone de confiance (dénommée aussi « ZOC »), notamment à Man et Bouaké et font neuf morts et 39 blessés parmi les soldats français. L’armée française réagit et détruit les moyens aériens de la Côte d’Ivoire, ce qui l’empêchera de lutter efficacement contre les Rebelles. La Force Licorne doit se lancer à l’assaut d’Abidjan. C’est la dernière partie d’un plan en quatre phases, un plan qui a si bien réussi en Côte d’Ivoire que la France l’a appliqué en Libye et au Mali. D’abord, un appel à l’aide d’un gouvernement fantoche ou rebelle reconnu comme légal ; ensuite une première promesse d’aide par l’organisation régionale qui se retrouve vite dépassée ; puis un mandat de l’ONU au nom de crimes contre l’humanité, viols, etc. ; et enfin, l’intervention de la France sur le plan diplomatique, économique et militaire pour mettre en place les hommes choisis…
Mais en 2004, la dernière partie cafouille…
Des informations révélées par Wikileaks et des enquêtes de presse suggèrent une manipulation visant à justifier une action militaire contre Gbagbo. En 2016, la juge d’instruction française Sabine Kheris demande le renvoi devant la Cour de Justice de la République, la CJR, des anciens ministres Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier, suspectés d'avoir permis l'exfiltration des mercenaires responsables de l'attaque contre les forces françaises. Pour Laurent Gbagbo, les services secrets français ont retourné son chef d’état-major, Mathias Doué, pour une attaque sous faux drapeau, afin de légitimer la réaction française…
Le parquet général près la Cour de cassation a indiqué n’avoir “pas saisi à ce stade” la commission des requêtes de la CJR…
 
 
En 2011, alors que Laurent Bgabgo a remporté les élections de 2010, malgré les quelque 450 000 électeurs fantômes rajoutés dans le Nord, Ouattara et ses amis français décident de forcer les urnes. Ils contestent les élections, mais refusent de recompter les bulletins… qui sont détruits. Curieusement, le premier décompte avait été confié à une société française, dont le directeur recevra un contrat de plus de 152 millions d’euros par le Gouvernement Ouattara…
Le 11 avril 2011, après dix jours de combats à Abidjan et de bombardement de la résidence présidentielle par les forces spéciales françaises de la Force Licorne et l'ONUCI, Laurent Gbagbo est arrêté en compagnie de son épouse Simone par les forces françaises. Ce n’est pas la fin des morts. Des centaines de civils seront arrêtées, torturés et exécutés par les complices de Sarkozy. La famille de Laurent Gbagbo, des militants, des ministres, des professeurs, des fonctionnaires…
Autre victime de cet assaut, sans doute l’une des plus belles bibliothèques de livres classiques français de toute l’Afrique, seule richesse reconnue de Laurent Gbagbo, et qui sera détruite par les bombes incendiaires… françaises. Tout un symbole…
 
On peut se douter que les nouveaux maîtres de la Côte d’Ivoire ont mis le pays et les industries en coupe réglée. À commencer par Alassane Ouattara, l’ami intime de Nicolas Sarkozy, de Laurent Fabius et de Martin Bouygues. Et aussi, oh surprise, de George Soros…
Le moindre coupeur de route et assassin du nord est devenu qui Préfet, qui commandant de Police, qui Chef des armées ou Président de l’Assemblée Nationale ! Les compétences comptent peu, c’est le nombre de fusils à disposition qui prime tout…
Mais parlons des Français. Claude Guéant, l’ancien ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée de Nicolas Sarkozy a installé une antenne de son cabinet d’avocat à Abidjan, où il fait des allers et retours fréquents pour développer ses affaires et celle de son gendre, Jean-Charles Charki, devenu conseiller d’Alassane Ouattara. L’ancien ambassadeur de France au moment du putsch est devenu consultant et passe sa vie dans l’ombre de Ouattara. Les chefs militaires de l’Opération Licorne sont devenus « consultants » et se sont vus confier la juteuse modernisation de l’armée ivoirienne.
 
Il ne faut pas non plus oublier les fameuses « annulations » des dettes africaines… Ces dettes ne sont pas annulées, elles sont en fait privatisées. Les sommes dues, et qui ont été payées par les contribuables français, sont finalement payées à des entreprises privées du pays créanciers pour réaliser des travaux dans le pays créditeur. Travaux largement surfacturés le plus souvent. Les contribuables français sont volés de leur remboursement, les Africains spoliés de leurs investissements… Et généralement, les entreprises favorisées sont dirigées par de grands amis des présidents et ministres en place, en France…
 
Ils ne peuvent quand même pas exécuter Laurent Gbagbo, bien que… Un procès en Côte d’Ivoire ? Oui, mais sans lui, car il est trop populaire. À la Cour Pénal Internationale, ce sera mieux. Surtout qu’elle est le parfait outil de justice des vainqueurs. Externalisé donc à La Haye, pour un procès à charge. Et inique. Le Procureur a, à sa disposition, un budget de plus de 28 millions d’euros. La Défense, 76 000 euros… L’une des principales sources d’accusation, est l’association Human Rigths Watch… qui est entièrement financée par Soros, ami de Ouattara. Malgré ça, par deux fois, en 2016 et en 2018, le Tribunal ne peut que constater l’absence totale de preuves dans le dossier du Procureur… Aucun élément de preuve, aucun témoin fiable… Le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo est acquitté par la CPI, de la totalité des charges portées contre lui, après plus de sept ans de prison préventive. Il reste cependant en résidence surveillée en Europe, la Belgique lui offre l’asile. Le temps, paraît-il, pour que le Procureur puisse faire appel sur de nouvelles bases… lui qui n’a jamais réussi à monter un dossier, alors qu’il a travaillé main dans la main avec Ouattara et les Gouvernements français…
 
Nous n’avons fait ici qu’effleurer ce sujet, vaste et complexe, qui pourrait servir de trame à une série d’espionnage et de géopolitique. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, qu’ils n’hésitent pas à lire l’ouvrage « Libre. Pour la vérité et la justice » de François Mattei, aux éditions Max Milo. Il est le fruit des entretiens de l’auteur avec Laurent Gbagbo pendant ses 7 années de détention arbitraires. Publié quasiment à la veille de la libération du Président ivoirien, ce livre est la preuve que
Laurent Gbagbo a eu raison trop tôt.
Mais il n’est pas dit qu’il ne revienne pas dans le jeu politique ivoirien, totalement blanchi des accusations portées contre lui, fort de ses réussites comme Président et avec un programme toujours plus d’actualité.
 
Il faudrait plus de chefs d’État comme lui en Afrique, conscient des atouts de son continent, préférant des relations saines avec la France plutôt que l’exigence d’une repentance perpétuelle imposée aux Français pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Une repentance qui n’est là que pour cacher le pillage de l’Afrique par des multinationales et imposer une invasion-migratoire ruineuse et destructrice pour l’Europe.
Défense de l’identité nationale, mise en œuvre d’un patriotisme social, permettant de vivre et de travailler au Pays, non-alignement, intégrité de ses élites politiques et économiques : il faudrait peut-être aussi plus de Laurent Gbagbo en Europe…


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