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Tout va bien, vous êtes en Macronie…



Extrait de l'Édition du 21 janvier 2019
Réinfo, journal d'information bimensuel du Parti de la France


Bienvenue en Macronie, là où la fiction est enterrée par le réel…
Et tout d’abord, commençons par la 2esaison du feuilleton de l’été, qui, comme toute bonne série policière, mélange complot, espionnage, sexe, corruption, courses-poursuites aux 4 coins d’une planète ronde… Je veux bien sûr parler du Benalla-gate ! Résumons les épisodes précédents. Un petit-bourgeois, élevé par sa mère, prof de maths, caractériel, soupe-au-lait et bagarreur, gros bras du PS, chauffeur éphémère de 8 jours du ministre Montebourg qui le vire après un délit de fuite… est devenu, sous la chaude couette de la Macronie, à 26 ans, lieutenant-colonel de Gendarmerie, franc-maçon, chargé de la sécurité à l’Élysée, logé dans les appartements du Quai Branly, titulaire d’un passe tout-accès à l’Assemblée Nationale que même les députés n’ont pas… et il devait donner des cours à l’Université d’Assas ! On le prédestine même à la Préfectorale, mais, vestige d’un temps pénible où la Macronie n’existait pas, il y a, paraît-il, des conditions d’âge que l’intéressé ne remplit pas. Qu’importe, pour meubler son temps libre, Benalla se déguise en flic — comme son patron se déguise en pilote de chasse ou en commandant de sous-marin — et, flingue au ceinturon, brassard au bras, matraque en main, il casse du gauchiste pendant les manifestations de mai… Il vole la coupe du Monde de foot, ramenée de Russie par l’équipe de Didier Deschamps, après avoir fait descendre leur bus sur les Champs Élysées sur les chapeaux de roues.
La saison 1 se termine sur un désaveu de l’agent Benalla, qui quitte le service, tel un Jason Bourne chérifien.
Mais, les scénaristes avaient de la réserve ! Fini les couloirs intimes du Palais de l’Élysée, place aux terres africaines. Fort de 4 passeports diplomatiques, oui, pas un, pas deux, ni trois, mais 4 passeports diplomatiques et d’un téléphone secret-défense réservé aux plus hautes autorités de l’État, l’homme qui en savait beaucoup à défaut d’en savoir trop est repéré à Londres puis au Tchad, en compagnie d’agents israéliens et vrais escrocs qui sortent de leur poche, eux aussi, des passeports diplomatiques, comme des mouchoirs en papier. Il est vrai qu’un homme qui détient visiblement beaucoup de secrets sur le Chef d’un État comme la France, ne peut être qu’une prise de choix pour un service comme le Mossad…
Parce que son fils a rencontré une avocate russe, Donald Trump lui est à la limite de la destitution. Mais nous ne sommes pas aux États-Unis, Nous sommes en Macronie. Alors, tout va bien…
 
Le 2 octobre 2018 dernier, la loi Egalim a été adoptée par l’Assemblée nationale, après plus de 9 mois de débats parlementaires intensifs.
Cette loi "Agriculture et Alimentation" offrait d’encourageantes perspectives pour obtenir une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
De nombreuses organisations paysannes et défendant l’environnement s’étaient réjouies de la victoire apportée par l’article 78, autorisant la vente de semences libres ou paysannes jusqu’ici réservée aux grands groupes semenciers tels Monsanto, DuPont et Dow Chemical. Les géants des semences allaient perdre leur hégémonie sur ce gigantesque marché très lucratif.
Oui, mais non. Le Conseil Constitutionnel a finalement décidé de censurer 23 des 98 articles de la loi Egalim, soit plus d’un quart du texte de loi. En plus de l’article 78, des avancées majeures ont ainsi été perdues, comme l’article 86 sur l’intégration de la biodiversité et de la préservation des sols à l’enseignement agricole, et l’article 43 sur l’étiquetage des miels composés de mélanges ou encore l’article 56 sur la représentation des associations de protection de l’environnement dans les comités nationaux de l’Institut national de l’origine et de la qualité ; et tout cela par des pseudo-sages, non élus, mais désignés arbitrairement par le Président de la République et les présidents des assemblées parlementaires (Assemblée nationale et Sénat).
On trouve à sa tête Laurent Fabius, l’homme du Raimbow Warrior, du sang contaminé et de pleins d’autres grands moments de la Ve République.
Ce n’est pas la première fois que l’impartialité du Conseil et sa soumission aux lobbys industriels sont soulevées à l’issue de ses votes, pour le moins caricaturaux.
Pour l’association Kokopelli, leader dans la sauvegarde des semences paysannes, je cite, « la censure des 23 articles de la loi Egalim représente un camouflet insensé pour la démocratie représentative et le droit d’amendement des élus de la République. Nous devons ouvrir les yeux au plus vite, l’avenir des semences, de l’agriculture et plus largement de la ‘démocratie’ sont en jeu ! ». C'est ainsi qu'a prévenu son président Amanda Guillet, dénonçant une décision au motif lapidaire et peu argumenté.
Pour leur part, "Les Amis de la Terre", autre association de promotion des semences non OGM, veulent forcer les « sages » à publier les « contributions extérieures » que lui font, de façon opaque, des groupes d’intérêts privés, avant que leur décision ne soit prise. Ces « contributions » étant pour l’instant publiées après la prise de décision du Conseil. L'association a donc déposé un recours inédit contre le Conseil constitutionnel pour mieux encadrer l’influence qu’exercent les forces économiques sur les Sages. La réponse est attendue d’ici… un an ! Un temps suffisant pour faire des affaires pour certains.
Mais tout va bien, vous êtes en Macronie.
 
C’est pénible, ces jeux d’influences des lobbies dans le jeu parlementaire et leur intervention, quand ils ont échoué, auprès du Conseil Constitutionnel. Perte de temps, perte d’argent, risque de voir un journaliste mal dressé en faire état dans un papier qui laisserait des traces. Non, il fallait y mettre un frein. Du coup, le Gouvernement a trouvé la parade. Il a décidé de faire appel à un cabinet d'avocat pour écrire l'exposé des motifs de sa loi sur les mobilités ainsi qu'une étude d'impact du texte. Logique ! Plutôt que d’influencer les textes de lois, les lobbies vont les écrire !
Un choix sans précédent qui pose la question de l'influence du privé, et de ses intérêts, sur la prise de décisions au sommet de l'État.
Dans un pays de tradition étatiste et jacobine, le fait de recourir à des acteurs privés est perçu comme une forme de renoncement de l'État à ses prérogatives et comme une dérive conduisant immanquablement à des risques de conflit d’intérêts.
D’autant que l’exposé des motifs d’une loi est un document particulièrement sensible car c’est un texte éminemment politique. Comme l’explique un article duMondeau sujet de cette affaire, l’exposé des motifs « n’est autre que l’argumentaire politique du gouvernement envers les députés », une introduction visant à faire connaître l’esprit et la finalité de la loi et qui la replace dans une vision du monde subjective, politisée.
Loin de l’illusion d’un gouvernement des experts, fonctionnant autour de cabinets ministériels efficaces, resserrés, s’appuyant sur la connaissance neutre et chiffrée des spécialistes d’un sujet, l’élaboration d’une loi repose évidemment sur des prémisses politiques, idéologiques même. Laisser à une entreprise privée la haute main sur ces questions, c’est donc donner un blanc-seing à la vision portée par cette même entreprise, qui n’a peut-être que peu à voir avec l’intérêt général. On connaissait en France la remise d’amendements clefs en main à des députés par des entreprises privées et des lobbies, mais jamais un gouvernement n’avait osé recourir à une entreprise pour l’écriture d’une loi.
Si bien que ces cabinets d’avocat sont désormais obligés de s’inscrire sur le registre de transparence du Parlement, qui répertorie l’ensemble des lobbyistes opérant dans les murs de l’Assemblée et du Sénat, au même titre que les cabinets de conseil par exemple.
Ce que révèle cette décision du gouvernement, c’est donc la circulation incessante entre le politique, l'administration et le barreau mais aussi la proximité croissante entre élites du public et du privé. Avec tous les problèmes que cela pose en matière de conflits d’intérêts et de captation de l’intérêt général par des volontés d’ordre privé. Cette affaire pose aussi la question de la préséance croissante du privé sur le public. Alors que, jusqu’à présent, les cabinets d’avocats pouvaient s'enorgueillir de conseiller ou d’influencer un gouvernement, c’est désormais le gouvernement qui fait appel aux cabinets d’avocat, comme un gage de qualité et d’efficacité. Désavouant dans le même mouvement le travail des administrations centrales et balayant d’un revers de main la représentation nationale. À quoi bon, dès lors, entretenir des milliers de hauts fonctionnaires ruineux et inefficaces, mais qui n’hésitent pas à se recycler dès la retraite dans des cabinets privés pour parvenir à une absurdité bien française d’un système d’externalisation de l’expertise publique, facturée à l’État par d’anciens commis de l'État, bien souvent formés par ce même État. Curieusement, personne n’a entendu Micron 1ers’exclamer : « ça nous coûte un pognon de dingue, ça ! ».
Non, décidément, tout va bien, vous êtes toujours en Macronie.
 


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