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Quand le FN met en avant une fausse victime des attentats de Nice


Rédigé le Vendredi 7 Juillet 2017 à 13:15 | 0 commentaire(s)

Vendredi 30 juin, le député Front National et adjoint au maire d’Hénin-Beaumont Bruno Bilde, a fait intervenir au conseil municipal Sophie Fessard, qui se prétendait victime des attentats de Nice. Une intervention qui a suscité le scandale.


Je suis une rescapée de l’attentat de Nice. J’ai perdu ma famille, mes amis. Avant j’étais normale, aujourd’hui je suis paralysée des membres inférieurs.” C’est ainsi que Sophie Fessard a commencé son intervention au conseil municipal d’Hénin-Beaumont où Bruno Bilde et Steeve Briois, respectivement adjoint et maire de la commune du Pas-de-Calais, avaient exceptionnellement fait appel à une personne du public. Le sujet à l’ordre du jour ? L’armement des policiers municipaux, une revendication récurrente des élus du Front National.

Face à une opposition médusée qui dénonce avec fracas une instrumentalisation orchestrée par Bruno Bilde, la “victime” des attentats de Nice poursuit : “Si les policiers municipaux avaient été armés à Nice, le terroriste ne m’aurait pas roulé dessus. C’est indigne et irrespectueux pour nous, les victimes, de demander le désarmement”. 

Elle se prétendait déjà victime du Bataclan

Seulement voilà, la Voix du Nord  rapporte que Sophie Fessard, originaire de Rouen, s’était déjà présentée par le passé comme une victime des attentats du Bataclan. Contactée par le journal, la police judiciaire de la ville de Rouen a confirmé qu’elle n’apparaissait pas dans le registre national des victimes… Le quotidien régional cite ensuite une source anonyme de Rouen qui achève de jeter le discrédit sur ce témoignage :

Elle s’était déjà présentée en victime de l’attaque du Bataclan. Encore auparavant, elle se disait handicapée à cause de mauvais soins. Elle se présentait déjà en fauteuil roulant avant les attentats de Paris et de Nice. J’ai en ma possession des documents médicaux qu’elle a clairement falsifiés.”

On trouve en effet trace d’un témoignage de Sophie Fessard paru en 2007 dans Le Parisien  où elle raconte avoir entamé une grève de la faim d’une douzaine de jours devant l’hôpital où elle aurait été victime d’une erreur médicale, sans que l’on sache ce qu’est devenue la procédure qu’elle avait engagée en justice.

La police judiciaire de Rouen précise enfin qu’elle utilise aussi deux autres identités, Sophie Lescamure et Sophie Martin, nom sous lequel elle est impliquée dans une affaire de diffamation et d’atteinte à la vie privée.

Les élus Front National étaient-ils au courant des incohérences dans le discours de Sophie Fessard ? Pas besoin en effet de chercher très longtemps pour trouver les premières contradictions entre son récit sur les attentats et ce qu’elle affirme autre part. Ainsi, elle certifiait dans son intervention devant le conseil municipal d’Hénin-Beaumont avoir perdu sa famille dans les attentats du 14 juillet 2016 à Nice. Pourtant dans l’autobiographie qu’elle a écrite, elle raconte avoir été placée à la DDASS après avoir été abandonnée à la naissance, en parallèle elle affirme au Parisien que son mari policier serait décédé en 2004 et que son fils aurait été à son tour placé à la DDASS suite à ça… Comment dès lors croire à son récit sur l’attentat de Nice ?

La Voix du Nord ajoute que celle qui déclarait avoir été grièvement blessée lors des attentats, n’en était pas moins très active sur Twitter moins de 24h après l’attaque. Le quotidien affirme en effet qu’elle postait et répondait aux tweets avec assiduité. Son compte a été désactivé il y a quelques jours.
source : la voix du Nord via les inrocks




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