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Le billet de Franck Timmermans : ÉDUCATION A L’AMÉRICAINE ou l’acception involontaire des deux sens du verbe « Gâter »



CONNEXION. La lettre argumentaire PDF, rédigée par Jean-François Touzé et Franck Timmermans.


Le billet de Franck Timmermans : ÉDUCATION A L’AMÉRICAINE ou l’acception involontaire des deux sens du verbe « Gâter »
Les Anglo-Saxons sont incorrigibles qui s’autoproclament exemplaires dans les méthodes éducatives au point de développer sur le sujet des propagandes qui ressemblent plus à de l’endoctrinement. Monroe, qui rejetait tout colonialisme avec une pieuse hypocrisie, n’aurait pas désavoué ces méthodes de contournement et de subversion. C’est aussi le cas du dernier livre de la journaliste de l’AFP, Véronique Dupont, qui dans « Super Kids » (on appréciera le choix délibéré et partisan d’un titre en anglais) livre les recettes américaines de pédagogie avec un engouement militant mais aussi avec des références au « Vivre ensemble », somme toute parfaitement logiques.
Vous apprendrez, chers amis, que vis-à-vis d’un enfant il faut bannir toute critique qui ne serait pas positive. Il faut préserver la motivation du petit en lui disant toujours « C’est bien » quitte à assortir le compliment des réserves proportionnées aux bêtises accomplies. Car il faut aider l’enfant à « rebondir » d’un tort vers une qualité (vœu totalement pieux également, si la dimension de l’erreur est soigneusement éludée). Il faut aussi que les parents apprennent à tolérer et à céder en des circonstances qui ne portent réellement pas de préjudices. Élargissons les champs d’action et de défoulements propices à l’éveil ! Par exemple, pourquoi le sangler dans des vêtements s’il préfère sortir en pyjama ou aller à l’école en robe de fée ? On se demande ?! Le travestissement et la liberté font partie intégrante d’une éducation qui doit passer par le « ludique » ! Sauf que si l’on étend cette permissivité au nudisme (pourquoi laisser des barrières ???), l’éducation passera par les côtés « lubriques » d’une mode qui était déjà pandémique en 1968 (il est interdit d’interdire, faites l’amour pas la guerre etc.). 
La liberté d’expression doit être totale, même en cours, et des professeurs doivent laisser parler leurs élèves a volo pour mieux s’extérioriser et se révéler.
 
Dans ces conditions, la suppression des IUFM est programmée car des potiches suffiront bientôt à servir de pions dans des établissements défoulatoires. Il faut aussi les laisser libres d’opter pour le système de quantification choisi ; l’enfant finira par imposer son propre style et ses méthodes sans besoin d’aucune expérience. L’enrichissement sans entraves est garanti. Il faut en revanche lui apprendre à s’excuser systématiquement quand un impair est commis. Ne vous réjouissez pas trop vite car, on peut déjà se demander quelles sortes d’impairs sont encore disponibles dans ce panel. Il faut aussi s’inquiéter de la banalisation de cette formule de politesse ou plutôt de consentement à la « négociation », à la transaction car, toute autorité étant prohibée par définition, l’automatisme d’une formule d’excuse est autant une méthode de dérobade qu’une formulation insincère. De plus, l’enfant n’est pas l’égal de l’adulte. La leçon par l’erreur suppose aussi une échelle de sanctions mais le mot est sans doute prohibé chez les bobos américains. Continuons : la pédagogie doit être participative ! Il faut que les enfants parlent à autrui, même à des inconnus et en n’importe quelle occasion (ascenseurs, trains, etc.).
Le respect de la tranquillité étant déjà très limité dans les TGV, la mode consistera bientôt pour les voyageurs à devoir s’occuper de la progéniture pendant que les parents se reposent ou matent leurs ordinateurs. En cours, la pédagogie participative doit inciter les profs français à « s’enthousiasmer » des bonnes réponses des élèves pour les mieux motiver (là, on se rapproche des encouragements cynophiles !). De riches idées sont aussi suggérées, celles fondées sur l’expérience US irremplaçable : pour toute bonne réponse, l’élève est par exemple invité à faire « un panier » dans la poubelle du professeur, ce qui initie aussi au basket…
Il ne faut jamais punir, il faut discuter, comprendre, parler, car la conséquence d’une erreur consiste à la réparer. Soit, sur ce plan-là, rien de bien nouveau mais la punition n’a-t-elle pas ses vertus dissuasives ? Évidemment non ! Surtout pas ! Quant à une fessée ou une réprimande physique, c’est du domaine de l’impensable. Convention de Genève, mise à l’index, DASS, tribunal, etc... Il n’est d’ailleurs pas rare aux USA que des bobos apostrophent des parents qui grondent leur marmot ! « Shame on you, shame on you !!! ». Ce recours à la vindicte ne vous rappelle rien ? Moi si, le goût pour la délation, pour l’irruption intrusive dans les droits individuels, pour les mises à l’index en vogue sous la « Révolution culturelle » de Mao, période d’éveil idyllique encadrée par des Gardes rouges avides de mea culpa publics. Ce qu’il y a de constant chez les bolchos, c’est que, même embourgeoisés, les vieux réflexes transpirent toujours sous la couche du bobo. Il ne faut plus pratiquer non plus ni notation ni sélection. En fait, si la dimension individuelle paraît survalorisée dans cette méthode, c’est uniquement pour la couler dans un moule conforme, et le mérite n’est un critère encore admissible que dans l’obéissance, non dans la compétition.
Là, on rejoint les ravages de la discrimination positive et, pour une fois, l’ancien Ministre Luc Ferry est bien inspiré d’en condamner les effets pervers dans le Figaro. « Elle vole leur victoire à des candidats qui réussissent », les modestes qui ont l’atout de la persévérance, ou les autodidactes qui ont celui de la soif d’apprendre. « Le droit à la différence, dit-il, s’est ainsi renversé en différence des droits », inversion discriminatoire, certes pour forcer le vivre-ensemble. Cela au profit d’élèves médiocres mais disposant des bons codes d’apparences correctes, au détriment des meilleurs, toutes classes sociales confondues : Et c’est la dictature des quotas. Mais pourquoi ? Bien sur, il y a le Grand remplacement. Mais il n’est qu’un outil, selon moi, parmi d’autres, d’un profit inhérent à la société américaine. Ne rien refuser aux enfants, ne rien frustrer de leurs moindres caprices, c’est aussi et surtout un enjeu consumériste et mercantile, l’assurance de voir les parents sacrifier plus souvent aux rites des dieux marchands, donc de dépenser pour eux sans compter.
Parano ? Excessif ? Allez donc voir les Dieux en question et les milliards déjà accumulés par le dernier Avengers://12 . Et puis la fête continue, avec bientôt la Reine des Neiges://13 , le Roi Lion://14  en film, et surtout un énième Star Wars, emblématique des « valeurs » de l’empire atlantique.
« Éduquer » pour gagner de l’argent, ou le sens double des « valeurs », le double sens du principe de « gâter » nos chers enfants, nos têtes blondes. Aïe, je dérape...