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Le "grain de sel" de Jean-Claude Rolinat



Espagne : L’ESPOIR A UN VISAGE, VOX !


Le "grain de sel" de Jean-Claude Rolinat
L’Espagne a voté dimanche 28 avril afin de renouveler son Parlement, faute d’une majorité solide. Je dois tout de même confesser que ma joie de voir le parti VOX accéder pour la première fois aux Cortes, est tout de même altérée par le spectaculaire rebond du PSOE, le parti socialiste ouvrier espagnol du Premier ministre sortant Pedro Sanchez, qui va retrouver  si je puis dire, une situation assise. Ô certes, à regarder les résultats, la tâche ne sera pas facile. Jetons donc un coup d’œil  sur  les chiffres  de cette énième consultation électorale.
VOX, 24 députés !
Le PSOE engrange 29 % des voix et obtient 123 parlementaires, soit 38 de plus qu’auparavant. Podemos, l’extrême gauche, rafle 42 députés, mais avec seulement 12 %, elle en perd 17 en route, Ciudadanos d’Alberto Rivera, l’équivalent, en gros  de La République En Marche, qui est l’opposition numéro un aux séparatistes catalans de  Barcelone, engrange 57 sièges, soit 25 de plus que dans la configuration sortante, avec presque 16 % des suffrages. Mais le grand perdant est le Parti populaire de Pablo Casado, qui s’effondre littéralement, passant de 137 à seulement 66 représentants aux Cortes. Une véritable Bérézina électorale sans précédent due, essentiellement, au discrédit de ce parti conduit jusqu’alors par le calamiteux Mariano Rajoy. Le PP paye la lourde note de sa corruption. C’est une droite qui pense à droite, mais qui, comme jadis le RPR ou l’UMP en France, gouverne à gauche quand elle est au pouvoir. Le véritable gagnant de cette élection, même si l’accès au pouvoir est encore loin, c’est VOX,  qui partait il faut le dire, de très bas : de 0,02 % en 2016 à 10, 26 % aujourd’hui, 24 députés, soit plus 24 ! C’est le parti qui synthétise le mieux les vrais revendications d’une authentique  droite espagnole : assez de la  repentance, trop de décentralisation, unité de l’Espagne d’abord, halte à l’immigration etc… , des idées bien de droite, une droite comme on l’aime,  assumée, revendiquée aux antipodes des droites honteuses , de ces droites française et européenne que nous connaissons trop bien , qui rasent les murs et qui ne sont pas fières du message qu’elles devraient porter. Suivez mon regard …! Les 350 sièges de la chambre sont complétés par des élus régionalistes, comme le  Parti nationaliste basque, le PNV, ou l’ERC, la gauche catalane, etc…
La haine du passé
Les difficultés vont commencer pour Sanchez lorsqu’il va lui falloir constituer un gouvernement. La majorité étant de 176 sièges, s’appuyer seulement sur Podemos ne suffira pas : 123 plus 42, ça ne fait que 165 députés. Même en ajoutant les Catalans, c’est trop  juste, ça ne passe pas, et puis le PSOE est hostile à l’idée d’indépendance catalane, tout comme Ciudadanos d’ailleurs, avec lequel il pourrait gouverner, les deux partis totalisant 189 sièges. Mais le chef de ce dernier, Alberto Rivera, qui se voit déjà en nouveau leader de l’opposition, oubliant tout de même que le PP du jeune Pablo Casado bien plus à droite que son ainé Rajoy, a plus de sièges que lui, rêve tout haut. A moins que les sirènes du vainqueur n’aient raison de sa résistance, et que l’appétit en maroquins ministériels ne soit plus fort que tout ! Mais on imagine mal son électorat accepter un tel marchandage.
Il n’y a même pas l’espoir, contrairement à l’Andalousie, de voir se constituer une alternative « droitière » PP/Ciudadanos/Vox, le total des sièges de ces trois formations, 147, étant loin d’atteindre le seuil requis pour constituer une  majorité.
Pedro Sanchez a eu beau dire que « le futur a gagné et le passé a perdu », en s’exprimant devant ses militants au siège du parti socialiste, le Premier ministre sortant devra chercher impérativement  des alliés pour constituer une coalition. A moins qu’il ne se contente  d’une majorité relative,  gouvernant  au coup par coup, projet de loi par projet de loi, s’appuyant sur des majorités de circonstances au gré des sujets. Mais à ce petit jeu, c’est l’instabilité qui s’installerait. On va reparler, bien sûr, de l’affaire catalane, et de la translation des restes du Caudillo Francisco Franco, que l’on voudrait chasser du Vall de los Caïdos où il repose aux côtés de José Antonio Primo de Rivera et de milliers de combattants des deux camps de la guerre civile. Cette opération est lancée, à l’aune d’une haine recuite, par les héritiers idéologiques  des tueurs de 1936. Les Espagnols auront-ils la mémoire courte ? Car Franco, en dépit du côté un peu centralisateur et étouffant de son régime, a assuré quatre décennies de paix à sa patrie, et lui a épargné les affres de la seconde guerre mondiale.  (Rappelons au passage, qu’Hitler voulait traverser la péninsule pour s’emparer de Gibraltar et que le chef de l’Etat espagnol le lui refusa, à lui l’ogre nazi, qui conquerrait l’Europe, et  à qui, pourtant, il devait partiellement sa victoire.) Les socialistes réveillent les démons du passé, moins pour le meilleur que pour le pire. Alors, oui, ne boudons pas notre plaisir de voir émerger électoralement, enfin, un parti de droite nationale chez nos voisins d’outre Pyrénées, en attendant le même miracle au Portugal. Prochain rendez-vous devant les urnes, comme chez nous, aux élections européennes, ce qui nous permettra sans doute  de vérifier l’ancrage de nos amis de VOX dans l’électorat ibérique. En attendant, nous ne sommes pas sortis de l’auberge… espagnole, bien sûr !
Jean-Claude ROLINAT


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