Budget des armées :l’érosion continue.

19 Nov 2018 | Connexion | 0 commentaires

CONNEXION. La lettre argumentaire PDF, rédigée par Jean-François Touzé et Franck Timmermans
Dans une tribune publiée mardi dernier dans le Figaro, la ministre des armées, Florence Parly, s’emporte et dénonce les « polémiques inutiles », les « contre-vérités anxiogènes » et les « calculs douteux », ourdis par des « contempteurs de la remontée en puissance historique du budget des armées ». La cause de cette violente ire ministérielle ? Le questionnement de nombreux journalistes spécialisés et de députés de la commission de la Défense comme François Cornut-Gentille, quant à la fin de la solidarité interministérielle pour le financement des surcoûts des opérations extérieures qui aboutit à la suppression de 404 millions d’euros au moins de crédit pour le budget de nos armées. De quoi s’agit-il ?   Dans le Projet de loi des Finances rectificatifs (PLFR) présenté mercredi 7 novembre, il est indiqué que le coût des Opérations extérieures (OPEX) initialement prévu à hauteur de 650 millions pour 2018 atteindra finalement la somme de 1,360 milliard, soit plus de 700 millions de différentiels dont une partie possiblement puisée sur la « réserve de défense » mais une autre partie, au minimum 404 millions, sera à charge du ministère de la Défense sur ses crédits propres déjà programmés en fonctionnement ou investissement, ce qui est contraire à toutes les habitudes et même antagoniste à la loi. Le financement interministériel des OPEX destiné à marquer la solidarité de l’ensemble de l’exécutif et la responsabilité de la Nation tout entière est, en effet, non seulement de tradition mais inscrite dans la loi. Et même dans deux lois : la loi de programmation militaire votée en décembre 2013, et la dernière LPM, votée en juillet dernier. La décision de faire supporter au seul ministère des armées 404 millions d’euros de surcoûts OPEX est donc illégale. Ces 404 millions de financement supplémentaires (peut être plus près du double si les sommes « gelées » de la Réserve n’étaient pas mises à contribution) que va devoir trouver le ministère des armées sur les 34,2 milliards du budget Défense pour financer les OPEX seront autant de moyens qui seront enlevés à d’autres missions internes. Le budget le plus touché par les coupes sera, comme d’habitude, le programme 146, celui des équipements, qui doit faire face à l’annulation de 3 % de ses crédits, ce qui, à titre d’exemple, équivaut au prix de trois chasseurs Rafale, ou à l’intégralité du programme de missiles antinavires légers (ANL) ou des missiles SCALP. Un an après la baisse de 850 millions des crédits militaires qui avait entraîné la démission du Chef d’État-major, le Général de Villiers, Macron et son gouvernement continuent de suivre la même pente. Celle du déclin. Le Parti de la France dénonce les atteintes répétées contre notre outil de défense devenu variable d’ajustement budgétaire. C’est toute la crédibilité de la France qui est ainsi remise en cause. En ce monde en turbulence où se multiplient les menaces et s’aggravent les dangers la France doit disposer des moyens humains matériels et moraux de sa sécurité qu’il ne saurait être question d’abandonner à d’autres et surtout pas à une Alliance atlantique devenue obsolète depuis la chute du bloc de l’est et la fin du Pacte de Varsovie. Pas question non plus de s’en remettre comme l’imagine Macron et Merkel à une hypothétique armée européenne qui, en l’état, quand bien même elle existerait, ne servirait que les intérêts diffus multilatéralisme, vecteur diplomatique du mondialisme.   Pour le Parti de la France, l’efficacité de nos armées et le renforcement des moyens mis à la disposition de ceux qui ont l’honneur et la fierté d’y servir exigent que le budget de la Défense soit porté (hors inflation) à 3 % du PIB au lieu de 1,8 % aujourd’hui. (Rappelons qu’il était encore à 2,3 % il y a dix ans). Le PDF considère enfin que, en dehors de toute considération budgétaire, nos troupes ne doivent être engagées que dans le strict cadre de la défense des intérêts français.

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