Le marché de la drogue à domicile explose

19 Déc 2017 | Revue-de-Presse | 0 commentaires

Cannabis, cocaïne, MDMA… La vente de stupéfiants à domicile semble en progression depuis plusieurs années. Quelles en sont les causes et à qui s’adresse ce nouveau marché ?

Un véritable ‘Deliveroo’ de la drogue » prospérerait à Bordeaux selon Hugo (les prénoms ont été modifiés), qui nous renseigne sur les livreurs distribuant leur marchandise à vélo. Une pratique qui se veut discrète et efficace. « Le mec dispose de plusieurs portables à cartes, je peux lui envoyer un message du type ‘j’ai besoin de 10 grammes à telle adresse’ et il vient directement. »

« 50€ pour ce soir, c’est possible ? », comprendre 50 euros de drogue. Commander du cannabis ou de la cocaïne semble devenir aussi simple que de se faire livrer une pizza. Sur l’envoi d’un SMS, un dealer se déplace au domicile des usagers. Après les secteurs de la restauration, du transport de personnes ou de l’hôtellerie, la vente illicite de stupéfiants serait, elle aussi, bouleversée par les nouvelles technologies, selon un reportage réalisé par BFM en novembre dernier.
 

Un nouveau marché ? 

Cette méthode de vente est-elle pour autant véritablement nouvelle et comparable à l’essor de firmes telles que Uber pour le transport ou Airbnb dans le domaine de l’hébergement? L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies  (OFDT) reste prudent. La vente à domicile est, en réalité, un phénomène observé depuis plusieurs années. Le dispositif « Tendance » précise dans une publication de décembre 2015  que ce type de trafic est en augmentation depuis 2012.

Le système n’est donc pas soudainement apparu mais répond à des facteurs spécifiques. En cause, notamment, le »démantèlement de points de vente [qui] a poussé les dealers à aller à la rencontre des clients », selon une publication de décembre 2016. Cette présence renforcée des forces de l’ordre a pour conséquence, une « réticence croissante des acheteurs à se rendre sur les zones de trafic ».

La sécurité et la discrétion sont des critères qui reviennent régulièrement dans le discours des consommateurs tels que Mathieu, étudiant parisien et acheteur ponctuel, qui préfère que la vente ne se passe pas « sous les yeux des passants ». Il remarque, à l’inverse, que les livreurs « sont parfois très stressés » et que « certains paraissent très jeunes, des mineurs de 15 ou 16 ans. » A cet égard « Tendance » souligne, en effet, un « cloisonnement » :  « le client contacte un commanditaire qui charge de la livraison l’un des coursiers disponibles et régulièrement différents, dont le client n’a pas les coordonnées. »

« Marijeane, maridenise et caro »

A la question de savoir comment entrer en contact avec les revendeurs, les réponses varient. Camille évoque le « bouche-à-oreille », avouant qu’il a obtenu le numéro de téléphone « par un ami ». Hugo raconte s’être déjà fait aborder dans la rue par l’un d’eux : « Un mec m’a accosté dans un bar, il faisait exprès de montrer qu’il avait de l’herbe. Nous avons discuté un moment puis il m’a filé une tête [de cannabis] en me disant :  ‘je vends, je livre chez toi donc tu me dis si tu as besoin’. » D’après Vincent, il s’agit d’une pratique relativement fréquente dans la capitale : « J’en ai déjà croisé qui distribuaient des papiers sur lesquels était écrit ‘livre shit, coke, MD’ avec leur numéro de téléphone près du Canal. [Canal St Martin, Paris]. »

D’après « Tendance » le démarchage des clients par les dealers s’explique par une transformation du « marché devenu très concurrentiel ». Ces derniers se prêtent à une véritable campagne de « marketing » n’hésitant pas à relancer leurs acheteurs par SMS. Marie nous montre un des messages qu’elle reçoit régulièrement, véritable offre promotionnelle :

«Cme promis Wk-end = Promo. Weed SATIVA : 1 = 50€, 2 = 90€. CARO : 1 = 70€, 2 = 120€. 5 personnes viennent de ta part 1 au choix – 50 %, 10 pers = 1 au choix V ou C.»

Si le décryptage peut demander un peu d’entraînement pour un non initié, la terminologie est employée par la plupart des dealers qui utilisent les mêmes codes, facilement reconnaissables et donnant parfois lieu à des formulations cocasses :
Suite sur : http://www.lesinrocks.com/2017/12/16/actualite/pourquoi-le-marche-de-la-drogue-domicile-explose-111012507/

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