Capture de Maduro : complicités internes et recomposition des équilibres géopolitiques

4 Jan 2026 | Non classé | 0 commentaires

Pour revenir sur les événements de la nuit dernière au Venezuela, la capture de Nicolás Maduro, à la suite de frappes aériennes ciblées sur Caracas, se serait déroulée sur une période extrêmement brève, de l’ordre d’une trentaine de minutes. L’opération aurait été conduite par des forces spéciales américaines, en particulier la Delta Force de l’US Army.

Quelques heures avant son arrestation par les forces américaines, Maduro recevait une délégation chinoise au Palais de Miraflores. Cette délégation était conduite par Qiu Xiaoqi, envoyé spécial de Xi Jinping pour l’Amérique latine. Cette rencontre constitue la dernière apparition publique connue de Maduro.

La rapidité, la précision et la brièveté de l’intervention laissent penser qu’une telle opération n’a pu aboutir qu’avec le concours actif de relais internes vénézuéliens, vraisemblablement issus de l’appareil militaire ou sécuritaire du régime. Elles suggèrent également, sinon un accord formel, du moins une acceptation tacite de la part de la Chine et de la Russie, deux puissances fortement implantées au Venezuela sur les plans politique, économique et sécuritaire.

L’intervention se serait déroulée sans affrontements majeurs, sans blessés ni morts, et aurait conduit à l’arrestation de Maduro, chef d’État non réélu et présenté par la justice américaine comme le dirigeant présumé du cartel de Los Soles, ainsi que de son épouse. Pour les faits liés au narcotrafic, il devrait être traduit devant un tribunal fédéral des États-Unis, en l’occurrence le Southern District of New York.

Il convient également de rappeler la présence sur le territoire vénézuélien de nombreux contractants militaires privés, notamment russes et possiblement chinois, lesquels ne seraient pas intervenus durant l’opération, renforçant l’hypothèse d’une neutralité volontaire.

Le précédent de l’Operation Just Cause rappelle qu’une intervention américaine de ce type suppose de manière évidente l’existence de complicités locales significatives au sein de l’État ciblé.

Enfin, l’ensemble de ces éléments semble indiquer que Russes et Américains s’inscrivent dans une logique pragmatique de partage des zones d’influence. Les États-Unis paraissent réactiver la Doctrine Monroe afin de reprendre le contrôle stratégique de leur arrière-cour latino-américaine, tandis que la Russie chercherait à consolider son emprise dans l’espace est-européen.

Arnaud T. Mylle – Délégué du Parti de la France aux États-Unis

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