Chaque année, la liberté d’expression recule un peu plus en France et en Europe.
Sous couvert de lutte contre la haine, le terrorisme ou la désinformation, le champ du dicible se rétrécit, le débat politique se judiciarise et l’opinion devient un risque pénal.
Je suis bien placé pour le savoir, j’ai été poursuivi trois fois l’année dernière pour des propos qui ne tombaient pas sur le coup de la loi. Deux relaxes, une ordonnance de non lieu. C’est toutefois fatiguant et préoccupant.
Le débat politique ne devrait jamais conduire au tribunal.
L’annonce par Sébastien Lecornu, lors du 40e dîner du CRIF, d’une proposition de loi visant à pénaliser l’antisionisme s’inscrit dans cette dynamique préoccupante.
Assimiler une opinion politique, fût-elle radicale, à une infraction pénale constitue une rupture grave avec les principes fondamentaux d’un état démocratique.
On ne protège pas une cause en criminalisant la critique.
On ne combat pas l’antisémitisme en interdisant le débat politique.
La liberté d’expression n’existe que si elle protège aussi (et même surtout) les opinions dérangeantes, minoritaires ou contestées.
Sinon, elle n’est plus une liberté mais une tolérance conditionnelle accordée par le pouvoir.
Nous condamnons fermement les propos attribués au président de la République qualifiant la liberté d’expression de « bullshit ».
Ils traduisent en tout état de cause un mépris inquiétant pour un pilier constitutionnel.
À l’inverse, nous saluons l’initiative annoncée par Donald Trump visant à créer un portail en ligne, freedom.gov, destiné à permettre l’accès à des contenus interdits ou restreints par certains gouvernements. Dont – et surtout – le nôtre.
Cela est une conception concrète de la liberté d’expression : laisser circuler les idées, faire confiance aux citoyens et refuser la censure d’État.
Que cette initiative émane d’un président ouvertement sioniste souligne une évidence trop souvent oubliée en France :
– la liberté d’expression ne se divise pas ;
– elle ne se réserve pas aux opinions « acceptables » ;
– elle ne dépend pas de l’idéologie de celui qui la défend.
Une démocratie qui commence à pénaliser les opinions politiques est une démocratie qui se prépare à ne plus en être une.
Nous refusons cette pente.
Nous défendons la liberté d’expression. Toute la liberté d’expression.
Pierre-Nicolas Nups – Secrétaire général du Parti de la France




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