L’incident survenu sur un site de Dassault Aviation dans le Val-d’Oise, impliquant un intérimaire surpris avec un dispositif de captation d’images alors qu’il intervenait sur des opérations liées au Rafale, constitue un signal d’alerte majeur pour notre souveraineté industrielle et militaire.
Le Rafale est au cœur de la défense aérienne française et un pilier de notre crédibilité stratégique à l’export. Les technologies qui y sont intégrées relèvent, pour certaines, du secret défense et représentent des décennies d’investissement, de recherche et de savoir-faire unique.
Ce type d’événement ne peut être minimisé.
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Une défaillance qui interroge l’organisation globale
L’accès à des installations liées à la défense nationale doit obéir à des procédures de contrôle strictes, tant du point de vue administratif que sécuritaire.
Lorsque des failles apparaissent, ce n’est jamais le fruit du hasard. Elles traduisent des dysfonctionnements dans :
• la chaîne de validation des accès,
• les procédures d’habilitation,
• la gouvernance des recrutements,
• et la culture interne de sécurité.
Il est impératif qu’un audit complet soit mené sur les conditions de recours à l’intérim et sur les procédures de filtrage des profils intervenant sur des programmes classifiés.
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Recruter pour la compétence et la sécurité, pas pour l’affichage
L’industrie stratégique ne peut fonctionner selon des logiques de communication ou de conformité administrative déconnectées du terrain.
Le recrutement sur des sites sensibles doit se fonder exclusivement sur :
• la compétence technique démontrée,
• la fiabilité et la maturité professionnelle,
• un dossier administratif et juridique irréprochable,
• une culture stricte de la sécurité et de la confidentialité.
Lorsque des politiques RH privilégient des objectifs périphériques, des indicateurs d’image ou des orientations idéologiques importées du débat sociétal, elles affaiblissent la mission première de l’entreprise industrielle : produire, innover, sécuriser et transmettre les compétences.
Dans les secteurs stratégiques, cette dérive n’est pas anodine : elle peut devenir un risque systémique.
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Réduire la sur-administration pour recentrer l’industrie sur son cœur de métier
Le Parti de la France défend depuis longtemps une réduction drastique du Code du travail et une simplification profonde de l’environnement réglementaire des entreprises.
Un cadre juridique allégé permettrait :
• de réduire la bureaucratisation interne,
• de limiter l’hypertrophie des départements administratifs,
• de redonner aux directions techniques et industrielles la primauté stratégique.
L’objectif est clair : recentrer l’entreprise industrielle sur son cœur de métier — fabrication, développement technologique, formation interne, maintien et transmission des compétences — plutôt que sur une inflation de procédures, de reporting et de politiques périphériques.
Dans plusieurs économies concurrentes, notamment en Asie, la priorité est donnée à la performance industrielle, à la maîtrise technique et à la discipline opérationnelle. De nombreuses entreprises américaines ont également engagé un recentrage sur la productivité et la compétence après des années d’expérimentations managériales coûteuses.
La France ne peut rester enfermée dans un modèle qui dilue la responsabilité industrielle dans une couche administrative toujours plus épaisse.
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Souveraineté industrielle : un choix politique
L’affaire révélée dans le Val-d’Oise démontre une chose simple : la souveraineté ne se décrète pas, elle s’organise.
Elle exige :
• une sélection rigoureuse des profils,
• une chaîne de responsabilité clairement identifiée,
• une réduction des vulnérabilités humaines,
• et un recentrage stratégique sur l’excellence technique.
La défense nationale n’est pas un terrain d’expérimentation idéologique. Elle est un domaine d’exigence, de discipline et de responsabilité.
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Cet incident doit marquer un tournant.
Il appelle :
1. un audit complet des procédures de sécurité et d’habilitation ;
2. une révision des politiques de recrutement sur les programmes sensibles ;
3. une réflexion nationale sur la simplification du cadre réglementaire afin de redonner toute sa place à l’industrie productive.
La souveraineté industrielle française repose sur la compétence, la rigueur et la responsabilité. Il est temps d’en tirer toutes les conséquences.
Maxime Morlon – Secrétaire général adjoint du Parti de la France




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