L’annonce de Jean-Luc Mélenchon sur TF1 dimanche soir n’aura surpris absolument personne. C’était écrit d’avance : depuis des mois, tout convergeait vers cette quatrième tentative à l’élection présidentielle, comme une évidence presque mécanique. Mais une évidence ne fait pas forcément une nécessité.
À 74 ans, cette candidature ressemble davantage à un entêtement qu’à un nouvel élan. Là où certains verraient de la constance, d’autres y lisent une difficulté à passer la main, à reconnaître que le moment est peut-être passé. La politique n’est pas qu’une affaire de convictions, c’est aussi une question de timing, et celui-ci semble de plus en plus discutable.
Surtout, l’ancien tribun a profondément changé d’image. Là où il incarnait autrefois une forme de rupture énergique, il apparaît aujourd’hui comme un repoussoir, parfois même au sein de son propre camp. Son positionnement, notamment sur les questions internationales et raciales, a suscité de nombreuses critiques, y compris chez des électeurs de gauche qui ne s’y reconnaissent plus.
En cherchant à consolider son électorat afro-musulman, il a pris le risque de s’isoler du reste du pays. Le résultat : une base fidèle, certes, mais un plafond de verre de plus en plus visible. La dynamique de rassemblement, indispensable dans une présidentielle, semble aujourd’hui hors de portée.
Et pourtant, un paradoxe demeure. Dans un paysage politique éclaté, avec une gauche fragmentée et un centre en recomposition, une qualification au second tour avec un score relativement faible n’est pas totalement à exclure. Ce ne serait pas le signe d’une adhésion massive mais plutôt celui d’un paysage politique morcelé.
En somme, cette candidature ressemble moins à un retour qu’à une persistance. Une persistance qui pourrait être la candidature de trop.
Thomas Joly – Président du Parti de la France



0 commentaires